250km en 6 étapes
(spéciales+ liaisons) ; dénivelé
+2400m
Tamanrasset n'est desservi en novembre
que par un vol direct depuis Paris. Le nombre de places
est donc limitées. C'est pourquoi il est impératif
de s'inscrire dans les délais (avant le 1er
septembre) pour garantir les places aériennes.
En 2007, les confirmations d'inscription sont arrivées
trop tard et l'avion était déjà
plein.
L'épreuve a été
remplacée par un rando-raid sur le même
parcours pour un petit groupe prévoyant de
chanceux qui s'étaientt inscrits à temps.
Cest par un dimanche de fin
novembre, que nous décollons de Paris sous
le froid et la grisaille. Nous formons un groupe de
10 vététistes randonneurs aguerris,
de 39 à 68 ans, baroudeurs au 4 coins du monde.
Les vélos sont bien calé dans la soute
et lesprit est déjà perdu dans
les mirages du Hoggar, contrée encore inconnue
pour les participants de ce voyage.
Après 4h de vol agrémentées par
les commentaires du commandant de bord fort loquace,
nous arrivons à destination. Lavion effectue
une dernière courbe au-dessus du Parc National
du Hoggar, grand massif montagneux et volcanique hérissé
de clochetons, pics, cheminées et monts en
tous genres, culminant à la modique altitude
de 3000m, tel un îlot gigantesque échoué
en plein Sahara. Vision brève mais magique
du théâtre de nos futurs exploits pour
les jours à venir.
Bienvenue à laéroport de Tamanrasset,
2000km au sud de la Méditerranée, porte
dentrée de ce pays mystérieux
des Touaregs.
Recette de la semaine pour notre rando
raid : de pur vtt itinérant sur 6 jours
en passant par le point culminant de lAssekrem
(2800m) avec véhicules dassistance suiveurs
( eau et encas ; caisse à outils et matos
de réparation) qui servent aussi pour les coups
de pompe passager + un véhicule de bivouac
avec une équipe cuisine qui nous mitonne les
repas à notre arrivée détape.
Encadrement en vtt avec Thierry ROCQUE , le spécialiste
du vtt dans le Hoggar depuis 2001. Lors des étapes,
des pauses régulières se font pour boire
et se ravitailler avec notre véhicule dassistance
,qui nous suit de loin : dattes et oranges locales,
barres céréales
Chacun roule à
son rythme, beaucoup sarrêtent pour prendre
des photos.
Notre équipe réceptive
nous reçoit chaleureusement et cest sous
les dernières lumières pourpres du crépuscule
que nous rejoignons en 4x4 notre premier bivouac en
plein désert, à seulement 4h de la France.
Installation dans la nuit, au milieu dun site
de blocs chaotiques étranges. Notre cuisinier
Touareg Ousmane nous a préparé un bon
dîner avec en entrée une chorba (soupe)
que nous relevons dharissa, notre mixture magique
pour la semaine. Le ventre repus, chacun installe
son bivouac pour la nuit : lespace est
vaste , chacun choisi de dormir à la belle
étoile. Les tentes resteront au fond du véhicule.
Belle nuit sous la voûte étoilée
illuminée par la pleine lune.
Etape 1 La porte du désert
Réveil à 6h45 avec le soleil, Ousmane
nous a déjà préparer le petit-dej
sur la grande natte qui nous sert de table. Ambiance
décontractée pour débuter cette
journée de vacances. Montage rapide et précis
des vélos : le groupe est un habitué
des voyages et des raids. Crème solaire, lunette,
camel-back, nous enfourchons nos vtt pour cette première
étape de 47km, +800m. qui nous amènera
dans la partie plus montagneuse du massif. La piste
dabord sablonneuse, nous amène au site
de Tagmart, où un guide du Parc nous dévoile
danciennes gravures rupestres datant de lépoque
où la région était encore une
savane peuplée déléphants,
girafes, autruches. Après un dernier oued où
quelques épines dacacias cachées
dans le sable provoqueront la première crevaison
(merci François !), la piste ondule à
travers un vaste plateau vallonné. Tantôt
lunaires, tantôt chaotiques ou rocailleux, les
paysages changent à chaque tour de roues. Parfois
nous croisons une oasis plantée de palmiers
ou traversons un oued asséché. Seul
le ciel reste dun bleu profond sous un soleil
de plomb (27/28°). Un petit air frais nous soulage
à chaque passage de col. A lhorizon nous
distinguons, encore inaccessibles, les plus hauts
sommets du Hoggar oscillants dans les brumes :
lIlamane, le Tahat
qui se rapprochent progressivement.
Enfin nous traversons un ruisseau qui annonce la proximité
du village de Terhenanet, but ultime de létape.
Nous nous retrouvons au milieu dune oasis généreuse
plantée de palmiers dattiers, lauriers roses,
potagers
mais où est le désert ?
Dans le village une batterie de panneaux photovoltaïques
fournit lélectricité pour léclairage
et la pompe pour le puits. Après le village,
nous gagnons notre bivouac où notre équipe
nous attends avec une grosse salade de légumes
frais. Une bière salvatrice nous fait oublier
les efforts de la journée.
Nouvelle nuit à lhôtel des milles
étoiles à 1880m
Etape 2 sur les plateaux du Hoggar
Pour le réveil, le rythme est vite pris sur
le soleil, lever avant 7h ; Les rayons salvateurs
réchauffent vite lair. Notre équipe
Touareg se réchauffe autour du petit feu traditionnel.
Petit déjeuner copieux « pain beurre
confiture dorange » pour une des
étapes les plus montagneuses avec 3 gros cols
à gravir. 27km , +900m
Cest aussi une des plus belles avec des paysages
magnifiques. Petite montée sur un plateau rocailleux
(reg) témoin de lagitation volcanique
passée. Nous quittons la piste principale pour
rejoindre un village paisible isolée en bout
doued. Un petit paradis pour la trentaine dhabitants
qui vit bien loin de nos tracasseries urbaines. Nous
reprenons nos vtt pour la traversée du grand
oued de lIlamane. Difficile dimaginer
quil peut parfois être rempli deau
bouillonnante
et pourtant. Lastuce consiste
à zigzaguer sur le fond de loued à
la recherche de la croûte dure, bien porteuse
pour nos roues. Quelques ânes sauvages nous
regardent de loin. La sortir de loued est magnifique
sur un monotrace qui ondule au milieu de gros blocs
magmatiques et dorgues de basaltes pour déboucher
sur la première mosquée du Hoggar, dressée
au pied de lIlamane.Un bon ravito simpose
avant lascension du col qui culmine à
2700m. Tout le groupe arrive au col , même si
certains ont dû parfois pousser le vélo.
Un peu de répis avec une descente à
flan dans des coulées de cendres grises et
ocres avant lascension dun second col.
Nous croisons encore des ânes sauvages.
Nous nous rendons compte de laltitude (2350m),
seulement par le vent plus frais que la veille. De
nouveaux paysages souvrent à nous jusquau
prochain col qui nos laisse entrevoir le plus haut
sommet dAlgérie : le Tahat (3000m).
Panorama somptueux sur des vallées qui sétendent
à linfini. Nous restons peu au col à
cause du vent qui forcit. Une grande descente nous
fait plonger dans la vallée du Tirtortoren,
cerise sur le gâteau après toutes ces
ascensions. Encore quelques kilomètres et nous
rejoignons notre nouveau bivouac à près
de 2300m daltitude, petit coin perdu dans limmensité
désertique du massif. Après quelques
bonnes histoires, une bière désaltérante,
un bon repas et un thé à la menthe,
chacun rejoint son petit nid pour la nuit.
Etape 3 A l'assaut de lAssekrem
Réveil sous les nuages, assez inhabituel en
cette saison. Avant le départ nous profitons
de la proximité dun campement nomade
pour leur rendre visite en compagnie de notre guide
Matali qui les connaît bien. Rituel de bienvenue
et nous nous asseyons tous dans la tente du chef pour
un instant précieux partagé avec ces
nomades. Nous reprenons les vélos et partons
vers notre nouvelle destination : lAssekrem,
le point culminant du séjour et aussi le lieu
mythique du Hoggar, connu pour lermitage du
père de Foucault et ses levers de soleil inoubliables.
Le temps ne sarrange pas, le vent froid forcit.
Nous croisons une caravane de chameaux juste avant
le col. Après leffort de lascension,
nos cuisiniers Ousmane et Kuti nous accueillent dans
un petit refuge avec un repas bien chaud. Cest
finalement à pied que nous montons à
lermitage, le vent étant trop fort. Le
panorama est vraiment sublime, à la hauteur
de sa réputation. De nouveau sur les vélos,
nous prenons une piste au paysages splendides, qui
serpentent sous des clochetons immenses et sous les
fameuses Tezouiags. Un perte de chape de dérailleur
nous oblige à un arrêt inopiné
et une recherche en ligne sur la piste pour retrouver
toute les pièces. Cest reparti sur ce
tronçon descendant, un régal, jusquau
bivouac choisi par notre équipe, loin du vent
et du froid. Soudain un âne traverse en trombe
devant les vélos, sans doute surpris de voir
ces drôles danimaux. Au bivouac, grande
rigolade avec nos amis touaregs qui nous explique
le mystère de la bouteille deau qui chauffe
sur le feu. Le cuisinier nous prépare la taguela
(galette de farine), cuite sous les braises.
Etape 4 Les étendues infinies
Toute la nuit, certains dorment que dun il
pour guetter léventuelle éclaircie
salvatrice qui nous permettrait de voir le lever de
soleil en haut de lAssekrem. Peine perdue, les
nuages resteront impénétrables. Aujourdhui
le parcours est long mais des plus roulant. Il traverse
dimmense plateaux descendants. Les paysages
défilent rapidement évitant la monotonie.
Nous faisons une pause à la magnifique guelta
dAfilal, bassins deau successif dans des
marmites rocheuses. Difficile dimaginer autant
de vie au milieu de ce plateau si aride. Le parc réaménage
le lieu pour le préserver. Au-dessus de la
guelta, le petit vendeur de souvenir est toujours
là , avec sa verve pleine dhumour. Nous
continuons notre périple à travers les
plateaux successifs. Le soleil est de nouveau de la
partie, tant mieux. Des panoramas à perte de
vue sétendent sur 360°, époustouflants.
Difficile destimer les distances. Des montagnes
qui nous semblent toutes proches sont en fait à
plusieurs dizaines de kilomètres. Une pause
déjeuner coupe létape en deux.
La dernière descente de plateau rejoint un
nouvel oued infini de terre jaune et ocre, parsemés
dacacias. Nous plongeons à travers et
serpentons pendant une dizaine de km avant darriver
au bivouac, sur un site encore étonnant remplis
de gros blocs erratiques enchevêtrés
La température beaucoup plus clémente
nous permet une bonne toilette au soleil. Le soir,
Matali, nous raconte comme à chaque fois une
anecdote locale.
Etape 5 Au milieu des pics et clochetons
Très beau lever de soleil dans les blocs avec
la palette de couleur de laurore. La journée
sannonce chaude. Pour un fois cest un
de nos guide Moussa qui a percé. Nous assistons
à la réparation de la roue, avec Matali
qui le taquine sans arrêt en lui rappellant
quil aurait du se lever à 4h du matin :
« Moussa, 4h du matin ! ».
Le parcours est encore très différent,
roulant avec peu de dénivelé. Nous rejoignons
une piste plus importante qui serpente dans un vallon
au milieu de nombreux pics volcaniques, au formes
très variées. La végétation
est aussi plus importante. A mi parcours, nous nous
arrêtons au bord dune belle guelta au
fond dun canyon. 15°, la baignade est reportée.
La piste continue avec parfois des portions de tôles
ondulées à éviter sur les bords.
Nous arrivons rapidement sous lIharen, sommet
volcanique strié dorgues, paradis des
alpinistes. Une piste nous fait basculer de lautre
côté, pour rejoindre notre bivouac au
pied dun volcan conique pyramidal, la Segha.
Endroit sublime, pour se poser. Un bon déjeuner
nous attend. La fin daprès-midi permet
de réaliser une petite session de maniabilité
et de franchissement.
Etape 6 vers Tamanrasset
Lever matinal avant le soleil pour assister à
son lever du haut de la Segha. Ascension à
la frontale au milieu du pierrier. Du sommet nous
surplombons tout loued qui sétend
jusquà Tamanrasset et nous avons en face
de nous lIharen. La vue est splendide encore
une fois. Quelques corbeaux tournent autour de nous,
fâchés que nous leur ayons pris leur
perchoir. Sans être exceptionnel, cest
quand même un moment danthologie par lambiance
que dégage le lieu. Par contre à lhorizon
un orage se profile, avec des éclairs. De retour
au bivouac, nos guides , par expérience, pensent
que la pluie vient vers nous. Nous plions rapidement
le campement. Dernière photo traditionnelle
de tout le groupe sous lIharen et nous remercions
toute notre équipe : Matali et Moussa
nos guides, Ousmane et Kuti nos cuisiniers hors pair.
Nous partons rapidement sur les vélos, en direction
de la source de Tahabourt, source deau gazeuse.
Qui en boit reviendra toujours à Tamanrasset.
Cela semble fonctionner pour moi. De ce petit havre
de paix nous reprenons une piste très roulante
à travers oued qui rejoint les faubourgs de
Tamanrasset, toujours sous un ciel menaçant.
Nous revenons progressivement à la civilisation.
Point de chute dans une auberge très typique
et tour de ville en vélo à la découverte
des différents points dintérêt.
Nous ne passons pas inaperçus au milieu du
flot des véhicules. Beaucoup de surprise et
dencouragement. Tamanrasset, si elle devient
une grande ville, avec de plus en plus de véhicules,
garde cette grande sérénité propre
au ville du désert.
On ressent une grande effervescence mais sans excitation
ou débordement.
Le soir un bon hammam réparateur nous attend
avec au choix massage musclé ou cool :
grande expérience ! Nous finissons la
soirée sous une raïma (tente touareg)
par un concert en petit comité avec une fabuleuse
troupe de musiciens de blues touareg dont leur talent
négale que leur convivialité.
La pluie nous rejoint dans la soirée, moment
lui aussi exceptionnel nous dirons les locaux en cette
saison. Ils ont tous des mines réjouies.
Retour
Le séjour se termine par les dernières
visites du fortin et les derniers achats en centre
ville dans les boutiques dartisanat. Les vtt
sont remballés dans les sacs et les valises.
De cette semaine, sil ne fallait retenir que
ça, cest que le bonheur ne tient quà
peu de chose, et peut-être adopterions-nous
la sagesse séculaire des hommes du désert.
Commentaires de retour :
François LD : « Que dire
sur ce super séjour si ce n'est un grand coup
de chapeau pour le
programme, l'organisation, la logistique vélo
et l'ambiance que tu as gérés
de A à Z de main de maître. Je ne vois
pas bien ce qu'on pourrait souhaiter
de mieux!
On avait déjà vu pas mal de choses en
6 ans de raid vtt dont 5 au Maroc (ou
nous nous sommes déjà bien régalés),
mais finalement, ce séjour a apporté
pleins d'idées sympas qui renouvellent bien
l'exercice. »
Marc LD de moins en moins maudit mais
de plus en plus poussif en VTT
"Je profite de ce mail pour remercier encore
Thierry de nous avoir permis de
réaliser un de nos rêves dans des conditions
idéales de programme
,d'organisation et d'ambiance. Dommage qu'il ne puisse
pas aussi programmer
le temps des levers de soleil. [.] Cela donne envie
de recommencer si les cardios sont d'accord."
Paul M. "Merci à tous de l'excellente
ambiance entre nous , de l'organisation optimale de
Thierry et d'ONAT. Le Hoggar mérite d'y consacrer
un Raid ."
Thierry B. "c'était vraiment
super de partager avec vous cette belle aventure au
Hoggar Merci pour l'ambiance et merci Thierry pour
l'organisation superbe."
Jean-Paul S : « c'était
bien mieux la semaine dernière pédalant
avec plaisir à notre rythme dans ces immenses
étendues magiques... »
Christian A. :"Pour ce qui
est de mes commentaires sur le séjour rien
à rajouter si ce n'est que tout cela a frisé
la perfection et que je n'ai qu'une envie c'est d'y
retourner et de faire découvrir ces paysages
à d'autres."